Billet Economie

C’est à prendre ou à laisser – Le billet du lundi

La langue française nous offre une variété d’expressions plus ou moins heureuses. Celle que je vous propose d’examiner ce matin est « C’est à prendre ou à laisser ».

La signification communément admise indique le fait qu’une personne se voit proposer des conditions précises sans aucun espoir de négociation. L’origine de cette expression vient du début du XIXème siècle à propos de marchandises dont le prix était fixé une fois pour toute. Par extension, toute situation ferait l’objet d’une analyse des points positifs et négatifs devant être considérés avant qu’une décision soit prise.

Ainsi, ceux qui acceptent la proposition sont conscients du bon et du mauvais en connaissance de cause. Il est vrai que la raison est un moteur puissant de toute prise de décision. C’est cet appel à la raison qui est devenu le nouveau moyen en usage pour faire accepter une alternative douloureuse.

Le business, un non-choix

Reste à ne pas croire que le choix soit libre pour autant. En réalité, en faisant appel au libre arbitre de chacun, est évité la contrainte forcée au bénéfice d’une décision sans véritable alternative. Dans le fond, tout pouvoir utilise cette technique afin de n’avoir pas à débattre des fondements des alternatives proposées. Ainsi, quelle que soit la décision prise, c’est davantage d’un chantage ou d’une extorsion dont il faudrait parler plutôt que d’un choix librement consenti.

Le business est une émanation de la raison. C’est pour cela sans doute qu’à défaut de liberté, son pouvoir s’appuie essentiellement sur un consentement mis aux enchères ou chacun peut penser que sa décision n’est le fruit que de sa raison. En réalité, le choix n’est rien d’autre qu’un renoncement à l’une de vos libertés essentielles. Dans un cas, c’est un renoncement à votre liberté pour conserver ou maintenir votre confort. Dans le cas contraire, vous renoncerez au confort pour garder votre liberté.  Quel que soit votre choix, vous devez perdre quelque chose. Peut-on encore parler de libre arbitre ? C’est cette nature bipolaire du business et son alliance avec le pouvoir qui seront étudiées cette semaine.

Pour ma part, à défaut de vous laisser le choix, je tente obstinément de défendre ma liberté tout en cultivant un jardin douillet à l’abri de ces conforts illusoires dont la société nous inonde au risque de nous faire perdre de vue les choses essentielles à notre bonheur.

A très bientôt.

Chandra

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