Billet Justice

Selon qu’on soit puissant – Le billet du lundi

La langue française nous offre une variété d’expressions plus ou moins heureuses. Celle que je vous propose d’examiner ce matin est « Selon qu’on soit puissant ».

La signification communément admise indique le fait qu’une personne est jugée de façon plus clémente lorsqu’elle occupe un poste ou une position importante. L’origine de l’expression vient de la morale d’une fable de Jean de La Fontaine : «  Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

Ainsi, une décision judiciaire serait dépendante de votre situation et non pas de vos actes. Un paradoxe de plus dans un monde qui n’a pas tellement évolué depuis le temps des rois. Ce sont toujours les plus faibles qui sont punis les premiers.

L’hypocrisie d’une justice sous contrôle

Reste à ne pas croire qu’être puissant vous évite tous les tourments. Cela nécessite bien des efforts d’apparence. Les hermines dont la fourrure sans tâche est un symbole bien désuet de la justice couvrent les épaules d’hommes indépendants en apparence.

Le pouvoir ne peut accepter une telle indépendance. Il met donc tout son poids dans la balance pour atténuer les sanctions pouvant toucher leurs proches ou les membres de l’oligarchie. Une indulgence du fort au fort en somme. Ainsi, comme dans la fable, le roi lion n’est pas coupable de dévorer des moutons. Mais l’âne ayant osé brouter l’herbe d’un pré sans en avoir le droit est condamné à mort. En effet, « Manger l’herbe d’autrui ! Quel crime abominable ! ».

Pour ma part, à défaut d’être un puissant à l’abri d’une justice à deux vitesses, je reste à l’abri des méfaits dans ma caverne sans prétendre au bien mais sans faire aucun mal.

A très bientôt.

Chandra

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