Billet Justice

Vivre dans une cage dorée – Le billet du lundi

La langue française nous offre une variété d’expressions plus ou moins heureuses. Celle que je vous propose d’examiner ce matin est « vivre dans une cage dorée ».

La signification communément admise indique le fait qu’une personne vit dans un confort matériel mais au détriment de sa liberté. Si cette personne tente de s’échapper de sa prison, c’est au risque de perdre les avantages dont elle dispose.

Ainsi, ceux qui se complaisent dans une vie sans risque et sans à-coup peuvent, à juste titre, être considéré comme les habitants de ces cages. Nulle ambition, nulle contestation. Nul risque de contester l’ordre établi. Ils peuvent aspirer alors au titre de citoyens modèles. Ils seront les chouchous de tout pouvoir en place.

Une cage sans dorures

Reste à ne pas s’imaginer que toutes les prisons apportent un tel confort. En réalité, la privation de liberté n’est que rarement perçu par les intéressés comme une cage dorée ni surtout argentée. Il est donc indispensable de ne considérer cette expression que dans son cadre premier, celui de la prison d’un confort toujours vu comme éphémère. Dans le fond, tout pouvoir se doit lui aussi d’user de cet adage au mieux dans l’exercice du pouvoir. Quoique, pour l’heure, les barreaux de nos cages ont quelque peu perdu leurs dorures.

La prison est néanmoins pour tout pouvoir en place un moyen dont il est nécessaire d’user. C’est pour cela sans doute qu’à défaut de cage dorée, la crainte de la prison est le moyen de rétorsion ultime qu’utilise tout pouvoir de façon plus ou moins importante. En tout cas, tant que les lois sont respectées sans nécessiter un recours à la force. C’est la nature de la prison et sa relation au pouvoir qui seront étudiées cette semaine.

Pour ma part, à défaut d’emprisonner vos esprits, je tente obstinément d’entretenir ma cage dorée, sans pour autant en faire une prison.

A très bientôt.

Chandra

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.