Economie Edito

L’argent, source de pouvoir – L’édito

L’argent, c’est une source de pouvoir. C’est un moyen à la fois efficace et implacable de contraindre ou promouvoir, influencer ou combattre, acheter ou vendre les biens, les consciences et quelquefois les hommes. Mais en réalité, l’argent est à la fois l’ami et l’ennemi du pouvoir.

La mondialisation quasi-totale de notre économie a engendré une hydre protéiforme dont les têtes innombrables ont pris le contrôle d’une machine que plus personne ne maîtrise en dépit de l’illusion de chacun. Reste à savoir si le pouvoir a pris conscience de ces changements et comment s’est-il adapté.

Le pouvoir et l’argent

Dans ses Pensées, Montesquieu a écrit : « L’argent est très estimable, quand on le méprise ». C’est une posture que prennent souvent nos dirigeants. Une posture que beaucoup affichent dans la conquête du pouvoir et beaucoup moins dans son exercice.

Il est vrai qu’au niveau d’un état, l’argent est un besoin, une nécessité et un levier de pouvoir. La volonté affichée a toujours été de mettre l’argent au service du pouvoir de gré ou de force, en s’appuyant si nécessaire sur l’opinion publique.

C’est ce qui explique sans doute chez nos concitoyens ce sentiment de rejet plus ou moins diffus et la conscience que quelque chose de sale se rattache à l’argent. Et pourtant, vous le savez bien, la réalité ressemble davantage à une course effrénée pour acquérir toujours davantage de cet argent qui obsède le monde. Mais alors, qu’en est-il vraiment ?

Le pouvoir de l’argent

Les états ont la nécessité de réaliser la collecte et le partage d’argent d’une manière plus ou moins équitable afin de financer l’état, ses services régaliens et d’assurer le maintien des principes fondamentaux de la république en matière d’égalité. C’est en tout cas le mandat qui est donné au pouvoir.

Sauf que, de façon générale, les détenteurs d’argents quels qu’ils soient, considèrent tous que leur argent ne se partage pas. De ce fait, lorsque les montants dépassent une certaine limite au-delà de laquelle l’argent n’a plus de sens en termes de besoin, il cesse d’être une ressource et devient un pouvoir qui dispose d’un agenda fort différent de celui des états.

Dans ce lieu, point de conscience ni de contrat sociétal pour ceux que le mot social irriterait. Mais une zone où l’argent devient une mesure, la seule du reste, du talent et de la réussite d’un individu. Tout naturellement, cet argent s’oppose au pouvoir et tente de lui faire prendre en compte des nécessités qui ne sont partagées que par un nombre ultra minoritaire qui d’une certaine manière constituent une nouvelle aristocratie fort influente. Au point de se substituer à la souveraineté du peuple ?

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que l’argent soit un instrument de pouvoir, la source du pouvoir ou tout autre chose ?

A très bientôt !

Chandra

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.