Edito Politique

La conquête du pouvoir – L’édito

La conquête, c’est l’appropriation du pouvoir. C’est en tout cas le moment où il devient possible de prendre, en douceur ou par la force, un pouvoir qui a été rendu vacant par les échéances normales ou une situation exceptionnelle.

En effet, les hommes sont ainsi fait qu’il leur est nécessaire, pour admettre la prééminence d’un pouvoir, de se résigner à la chose. Et ce, quel que soit leur désir de s’en abstraire. Il est donc indispensable d’établir le plus rapidement possible un pouvoir reconnu de tous. Avec le risque  d’encourager des oppositions de toute nature avant même que le pouvoir se soit affermi.

C’est particulièrement vrai lorsque le pouvoir choisit de respecter le choix de chacun et le droit à la différence. Reste à savoir comment le pouvoir peut assurer sa mainmise sur les relais de l’autorité. Avec le risque que la résignation face à la défaite se transforme en révolte et en rébellion contre son autorité.

La victoire, un excitant puissant

C’est Bouddha qui écrit : « Toute conquête engendre la haine, car le vaincu demeure dans la misère. ». Des propos pleins de sagesse lorsque l’on considère la manière dont trop souvent les hommes usent de la victoire comme d’un instrument d’humiliation.

Il peut sembler paradoxal de considérer le fait qu’une victoire, aussi belle soit-elle, est le plus souvent source de désagréments à venir. En effet, le pouvoir ne peut que rarement profiter pleinement d’une victoire.

Mais alors, comment expliquer pourquoi tant de pouvoirs utilisent chaque victoire comme un excitant puissant ? Alors que nous connaissons le risque de réveiller de vieux démons encore endormis. Comment expliquer que tant de victoires n’aient été qu’autant de défaites construites dans le creuset bouillant de célébrations excessives ?

En réalité, chaque victoire réveille en nous l’instinct du chasseur célébrant la capture d’une nouvelle proie. Tout le monde se réjouit de la défaite d’autrui  mais chacun oubli l’amertume de la défaite. Et pour finir, nous en revenons au point initial, fin prêt pour la prochaine défaite que nous nous sommes évertuer à construire pierre après pierre.

Et pourtant, comme souvent, il semble de plus en plus nécessaire une révision du modèle d’antan qui mine nos sociétés depuis si longtemps.

La défaite, source de victoire

 Ainsi, la défaite, loin d’effacer le souvenir, est le plus souvent à la source des victoires à venir. C’est en tout cas le cycle perpétuel que nous apprend l’histoire des mondes anciens.

Pourtant, il y a eu dans ce passé des tentatives trop rare de cultiver les conquêtes afin d’effacer la défaite et d’en faire une victoire pour tous. Cette histoire de l’humanité est aussi l’histoire de certains hommes, de grands hommes qui furent aussi de grands conquérants. L’histoire des guerres et des conflits est un témoignage précieux des erreurs et des fautes à ne pas commettre au risque de reproduire infiniment les mêmes catastrophes.

En réalité, il existe plusieurs types de conquête. De l’assimilation à l’extermination en passant par une pacification plus ou moins proche de la servitude. Il est donc temps que le pouvoir se penche de nouveau sur les modalités qu’engendre la guerre. Il en est ainsi des conquêtes qui doivent maintenant considérer un au-delà de la spoliation pure et simple des biens et des hommes.

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que toute conquête soit vouée à l’échec, un bouleversement inutile de la société, ou tout autre chose ?

A très bientôt !

Chandra

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