Edito Justice

L’excès de pouvoir – L’édito

L’excès de pouvoir, c’est la victoire de la démesure sur la mesure. C’est une absence de maîtrise de soi à l’échelle d’un individu, d’un groupe ou d’un état. C’est en tout cas ce que le commun des mortels considère. Mais en réalité, le problème est bien plus complexe car il est au croisement de deux principes contradictoires, la liberté et la contrainte. La rigueur d’un pouvoir contraint et limite notre liberté. Dans ce cas, l’excès de pouvoir va naître de l’absence de consentement face à une contrainte trop forte.

Une contrainte consentie

Sénèque a écrit : « Plus on a de pouvoir, moins on doit en abuser ». Facile à dire et beaucoup moins à faire. Prenez l’exemple d’un parent qui interdit quelque chose à son enfant. Le père ou la mère, censé agir pour le bien de son enfant, va en réalité lui imposer une contrainte, une limitation de sa liberté. Est-ce pour autant un excès de pouvoir ? Non dans la plupart des cas, car « c’est pour son bien », entend-on le plus souvent.

Pourtant, lorsque l’enfant grandit, les choses peuvent changer face à un adolescent. En effet, ce dernier prend conscience de soi et va considérer cette même contrainte comme excessive. Sans parler de l’adolescent devenu adulte qui s’exonèrera tout naturellement des contraintes imposées par ses parents.

De façon générale, c’est donc bien le consentement d’autrui qui marque la frontière délimitant l’excès de pouvoir. Au niveau d’un état, il en est de même mis-à-part que le consentement n’est pas de même nature. Il n’est donc plus possible alors de mesurer l’excès à l’aune du consentement de chacun. Mais alors, comment faire ?

Des limites au pouvoir ?

Par essence, l’exercice du pouvoir sur des hommes libres est l’un des paradoxes de nos sociétés en ce qu’il délimite leur liberté. Chacun de nous y consent plus ou moins en fonction de son tempérament et de ses opinions vis-à-vis de ceux qui le dirigent.

Il est donc essentiel que les hommes et les femmes qui exercent le pouvoir sachent garder leur maîtrise et incarner une personnalité inspirant le respect et permettant l’acceptation d’une autorité supérieure. Ce fut ce qu’incarnèrent dans une large mesure les princes et les rois qui dirigèrent notre pays pendant de si nombreuses années.

Hélas, l’expérience montre que tout homme qui dispose d’un pouvoir entre les mains s’en sert tôt ou tard, et finit par en abuser. L’histoire a montré le risque qu’il y a à confier une telle charge à un seul homme. Comment donc définir des limites nécessaires au pouvoir tout en prenant soin de ne pas passer de l’excès à l’impuissance ?

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que l’excès de pouvoir soit inévitable, contrôlable ou tout autre chose ?

A très bientôt.

Chandra

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