Edito Justice

La loi au pouvoir – L’édito

La loi, c’est la courroie de transmission du pouvoir. C’est en tout cas le meilleur moyen de protéger les droits et les libertés des citoyens. En effet, les hommes naissent libres et acceptent de restreindre cette liberté. Enfin, à la condition que le pouvoir en place leur assure une protection garantie par les lois promulguées. Mais la frontière est ténue entre protection par la loi et asservissement aux lois. C’est particulièrement vrai lorsque le pouvoir choisit de ne plus appliquer les lois que de façon arbitraire. Reste à savoir comment le pouvoir préserve l’équilibre entre ordre et liberté, respect des lois et égalité des traitements.

Le pouvoir par la loi

C’est John Locke qui écrit « La loi ne consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu’à le guider vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. ».

C’est un propos qui comblerait tout homme épris de liberté. Le pouvoir serait donc ainsi en charge de promulguer des lois bénéfiques à tous. Voici un bon début, point trop n’en faut.

 Mais alors pourquoi tant de personnes se sentent-elles prisonnières du carcan d’un enchevêtrement de lois, au point de refuser, autant que faire se peut, de les respecter. Sans doute parce que cet idéal de lois conforme au bien général est le plus souvent dépassé par un ensemble de contraintes paraissant trop lourdes en comparaison avec les contreparties.

C’est ce qui explique sans doute chez nos concitoyens les révoltes qui sont autant de manifestations du droit à la désobéissance civile. En effet, chacun croit pouvoir mettre en œuvre ce droit au prétexte que « trop, c’est trop » ou que « le compte n’y est pas ».

Et pourtant, comme souvent, une analyse plus poussée montre quelques incohérences dans cette opposition systématique à des lois qui pourtant pourraient laisser penser à une évolution positive des droits de chacun. Mais alors, qu’en est-il vraiment ?

La loi sans limites ?

La loi est-elle un monstre affamé qui est condamné à grossir sans limite ? La multiplication des contraintes semble ne pas connaître de fin.

Pourtant, c’est encore Locke qui nous dit : « S’ils pouvaient être plus heureux sans elle, la loi s’évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte ».

Sauf que, ces contraintes ne semblent pas toujours vouloir nous prémunir d’un quelconque risque, bien au contraire. Quelle est donc cette frénésie législative qui semble vouloir notre bien tout en nous plongeant dans un labyrinthe de réglementations plus ou moins absurdes ?

En réalité, la loi n’est que la matérialisation éphémère de la régulation particulière que le pouvoir tente d’imposer afin de pacifier les rapports entre des intérêts antagonistes. Paradoxalement, cette fameuse « paix sociale » passe par une législation qui requiert de plus en plus de détails afin d’en rendre l’application plus juste.

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que la loi soit une contrainte inique, une nécessité à l’équilibre de la société, ou tout autre chose ?

A très bientôt !

Chandra

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