Economie Edito

Le pouvoir du travail – L’édito

Le travail, c’est le carburant du pouvoir. C’est en tout cas le meilleur moyen de prendre en otage, en douceur, les populations afin de maintenir le calme tout en permettant à chacun de trouver une forme d’épanouissement dans l’activité qu’il exerce.

En effet, les hommes naissent oisifs mais ne peuvent rester dans cette oisiveté au risque de remettre en cause l’ordre établi. Il est donc indispensable d’occuper le plus rapidement possible chaque individu au prétexte de la préparation de leur avenir, puis de la nécessité de subvenir à ses besoins.

C’est particulièrement vrai lorsque le pouvoir choisit de ne plus assurer la subvention des besoins élémentaires de chaque individu. Reste à savoir comment le pouvoir assure la cohérence entre son devoir de protection des individus et une application stricte des règles économiques visant à l’organisation du travail.

Le travail, cet horizon indépassable

C’est Henry Wallon qui écrit : « Le travail est une activité forcée ». Nous ne parlons pas ici du labeur personnel nécessaire à l’aboutissement d’un projet, d’un livre, d’une construction. Non, ici, ce qui est considéré, c’est le travail rémunéré, contractuel.

Il peut sembler paradoxal de considérer le fait de travailler comme une obligation tant nous sommes conditionnés depuis notre plus jeune âge par l’évidence de cette nécessité. Mais alors, comment expliquer pourquoi tant de personnes ne rêvent que de cesser de travailler sans pouvoir le faire pour des raisons d’ordre économique. Comment expliquer que tant de personnes ayant la possibilité de vivre sans travailler semblent ne pas souffrir d’un manque particulier ni même de carences quelconques.

En réalité, le travail, c’est le père Noël des adultes. Tout le monde fait semblant d’y croire mais chacun sait que la réalité est tout autre. Cette réalité, tragique pour chacun de nous, est que nous sommes les esclaves consentants d’un travail. Un travail dont l’absence signifierait pour chacun de nous une forme d’exil de notre société.

Et pourtant, comme souvent, une analyse plus poussée montre des changements profonds de la situation actuelle qui semble nécessiter une révision du modèle qui s’impose à nos sociétés depuis si longtemps.

Le travail, cet ogre affamé

Ainsi, le travail est aujourd’hui un ogre affamé, ne cessant de dévorer sans cesse de nouveaux enfants. C’est en tout cas ce qui se passait il y a encore quelques années.

Pourtant, quelque chose de nouveau est en train de se passer. Cette révolution est l’obsolescence programmée de l’homme au travail. L’histoire de l’humanité est aussi l’histoire de l’amélioration des techniques permettant aux hommes de réaliser un travail donné avec toujours moins d’hommes et de temps. La grande pyramide de Khéops a mis vingt ans pour être construite par près de cent milles ouvriers. C’était il y a 4500 ans de cela. De nos jours, le même édifice serait construit par 1.000 ouvriers en moins de deux ans.

Demain, cette même construction ne nécessitera plus que l’intervention d’une poignée d’hommes, l’essentiel du travail étant réalisé par des robots. Pure science-fiction me direz-vous ; pas si sûr. Songez simplement à toutes les études sur la conduite sans chauffeurs ou la vente de vêtements sans magasins. En réalité, nous assistons à l’automatisation systématique de taches de plus en plus complexes.

En réalité, le travail tel que nous le connaissons est en voie de disparition. Il est donc temps que le pouvoir se penche sur la nouvelle place que l’homme doit occuper dans nos sociétés. Une obligation si l’on considère qu’il n’aura bientôt plus sa place dans le monde du travail.

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que le travail soit un modèle indépassable, une nécessité à l’équilibre de la société, ou tout autre chose ?

A très bientôt !

Chandra

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