Edito Société

La séduction à tout prix – L’édito

La séduction, c’est une arme du pouvoir. C’est en tout cas la forme douce d’un exercice trop souvent sous-tendu par les rapports de force. Mais c’est une arme à double tranchant.

En effet, dans la séduction, il est toujours difficile de déterminer réellement qui séduit l’autre. Il est donc indispensable de définir précisément ses objectifs afin de déterminer si ceux-ci ont été atteints. Et si dans l’intervalle, l’objectif a changé, alors le conquérant a été finalement conquis.

C’est particulièrement vrai lorsque le pouvoir dépend d’hommes et de femmes fait de  chair et d’os. Certe, la chair est faible et la séduction trouve ici toute matière à exercer son emprise. Reste à savoir comment le pouvoir peut assurer la cohérence entre respect des principes essentiels et séduction pure. Séduction dont on sait qu’elle peut faire oublier bien des scrupules et autres obstacles.

La séduction, une arme fatale

C’est Machiavel qui écrit : « Presque tous les hommes, frappés par l’attrait d’un faux bien ou d’une vaine gloire, se laissent séduire, volontairement ou par ignorance, à l’éclat trompeur de ceux qui méritent le mépris plutôt que la louange. ». Des propos glaçants lorsque l’on considère la manière dont trop souvent les hommes politiques usent de vaines promesses comme d’un instrument de séduction.

Il peut sembler paradoxal de considérer le fait que convaincre, aussi puissante que soit l’idée que l’on porte, est le plus souvent lié à votre capacité à séduire l’autre. Le pouvoir se doit de faire sien ce fait si l’on considère la nécessité d’une l’adhésion volontaire.

Mais alors, comment expliquer pourquoi tant de pouvoirs utilisent la séduction comme une arme fatale, en usant et en abusant en toute occasion ? Comment expliquer que tant de débats d’idée n’aient été qu’une inutile bataille d’égo déployant leurs charmes comme autant de paon faisant la roue en permanence ?

En réalité, la séduction est en chacun de nous. Tout le monde tend à vouloir être aimé, désiré, admiré. Et tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins, enfin, presque tous. Et pourtant, comme souvent, il semble de plus en plus nécessaire une modération de ces pratiques qui dans un monde connecté comme le nôtre ne peut mener qu’à des dérives pitoyables.

La séduction à tout prix

Ainsi, la séduction, utile à bien des égards pour développer l’adhésion à des idées complexe ne doit pas devenir un raccourci facile à la disposition de gouvernants mal intentionnés.

Pourtant, il y a eu dans le passé trop de cas où la séduction est passée avant tout le reste. C’est alors le règne de la séduction à tout prix. Dans ce royaume, peu importe les idées. La prime va à ceux qui vous séduiront, dans un tourbillon qui ressemble davantage à une escroquerie de bas étage qu’à une création inspirée.

En réalité, il existe plusieurs formes de séduction. De l’encouragement à la manipulation en passant par toutes les formes de subversion et de corruption, la liste est longue. Il est donc temps que le pouvoir considère non plus la séduction comme une arme mais comme le porteur, le promoteur de ses idées.

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que la séduction soit une fin en soi, un moyen comme un autre, ou tout autre chose ?

A très bientôt !

Chandra

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