Edito Politique

Les rapports de force – L’édito

Les rapports de forces, c’est le carburant de la politique. C’est  en tout cas celui de la politique qui ne vise que le pouvoir. Mais en réalité, les rapports de force sont à la fois une source et une barrière au pouvoir. En effet, la force permet d’ouvrir les portes et imposer ses vues. Mais elle peut tout aussi bien devenir une source de révolte et d’opposition. Reste à savoir si le pouvoir a pris conscience de ces réalités et comment s’est-il adapté.

Le pouvoir par la force

Dans son principal ouvrage, le Prince, Machiavel a écrit : « Il est plus sûr d’être craint que d’être aimé ». Voilà un propos plein de sagesse qui vient d’une époque où les couteaux sortaient de leurs étuis plus souvent que de nécessaire pour résoudre un conflit. Néanmoins, le constat reste largement d’actualité. La conquête et la conservation du pouvoir nécessitent des démonstrations de force.

Même dans une démocratie où les apparences semblent indiquer une condamnation générale de son usage, force est de constater que les pressions sont permanentes et expliquent en grande partie les raisons pour lesquelles un grand nombre de nos représentants votent des lois auxquelles ils sont pourtant opposés non pas par conviction mais par obligation, parce que le système électoral et les soutiens indispensables qui s’y rapportent l’imposent.

C’est ce qui explique sans doute chez nos concitoyens ce sentiment de rejet plus ou moins diffus et la distance qui s’installe vis-à-vis de représentants qui se renient tour à tour avec une belle constance. Et pourtant, comme souvent, une analyse plus poussée montre quelques brèches dans la muraille implacable des rapports de force. Mais alors, qu’en est-il vraiment ?

Les limites de la force

Les états ont la nécessité de gouverner. Ceci implique le besoin d’imposer une politique qui est théoriquement l’émanation du peuple souverain. C’est en tout cas le mandat qui est donné au pouvoir.

Sauf que, de façon générale, il est bien difficile de maintenir une politique cohérente avec le mandat qui est donné par l’ensemble de nos concitoyens. Un mandat par définition est associé à une durée déterminée. Ainsi, le choix de nos dirigeants reste le plus souvent de respecter la durée d’un mandat plutôt que la ligne politique. Pour avoir la possibilité de réaliser cette entorse, rien de plus simple que d’utiliser les bon vieux rapports de force.

Rien de tel pour maintenir la cohérence d’une majorité à l’assemblée que l’épée de Damoclès d’une sanction qui engage trop ceux qui s’y risquent. Voici donc la dernière des illusions, gagner un temps qui ne vous appartient plus en imaginant que la contrainte suffira à effacer les doutes. Pourtant, en relisant Machiavel, ne lit-on pas encore : « Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie ». Il semblerait que nos dirigeants n’aient pas  tout lu de son œuvre.  Si tant est qu’ils en aient eu besoin pour nous imposer leurs choix de gré ou de force.

C’est cette question qui va faire l’objet du dossier de cette semaine. En attendant vendredi, quelle est votre opinion sur le sujet. Pensez-vous que les rapports de force soient une réalité incontournable, un mythe associé au spectacle de la politique ou tout autre chose ?

A très bientôt !

Chandra

 

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