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La primaire en 3 questions – L’actu du lundi

Depuis ces derniers mois, un mot nouveau a envahi nos démocraties en recherche perpétuelle d’une fontaine de jouvence qui puisse être à même de les régénérer. Ce mot insolite est la « primaire ». Un nom féminin à ne pas confondre avec son adjectif homonyme qui en fonction du contexte peut être un qualificatif plutôt péjoratif.

En effet, être qualifié de primaire n’est pas nécessairement un compliment. En revanche, en politique, c’est devenu le nec plus ultra. La méthode infaillible pour déterminer celui qui sera le mieux à même de nous représenter.

Si, de toute évidence, la consultation du peuple souverain parait être la moins mauvaise des solutions pour choisir son représentant, il n’en reste pas moins vrai que cette nouveauté ne doit pas faire oublier l’objectif premier de tout cela, le choix d’une politique et d’un homme. Un homme ou une femme bien sûr. Mais au fait, n’était-ce pas déjà le cas avec l’élection présidentielle ? Naïvement, je pensais que cette consultation avec ses deux tours si propres à la démocratie française, suffisait pour effectuer son choix.

Point du tous mes amis, vous n’êtes plus à la page. Il est maintenant nécessaire de réaliser une présélection avant la sélection finale. C’est la raison d’être de la primaire. Mais attention, la présélection est elle-même sélective en ce qu’elle ne devrait concerner qu’une catégorie d’électeurs se reconnaissant dans les idées de la droite, du centre ou de la gauche. Encore heureux que la politique ne soit pas encore passée à la 3D.

Au-delà de toute ironie préalable, cette mécanique n’est pas sans avantages pour les citoyens. En réalité, trois questions essentielles sont posées à chacun d’entre nous. Trois questions primaires si j’ose dire.

Votre couleur

La première question est relative à votre couleur. Attention, pas votre couleur de peau mais plutôt votre couleur politique. Du rouge sang au brun en passant par le rose et le bleu sans oublier le vert et l’orange, tout l’arc-en-ciel est à votre disposition.

La couleur, c’est très important. Pour participer à la primaire de la droite et du centre, il fallait se reconnaître dans les couleurs bleus. L’orange était toléré mais pas le bleu marine. Je me suis laissé dire que des rouge-vif et des verts avaient opportunément changé de couleur afin de se débarrasser d’un candidat rouge terni.

Le plus souvent, chacun au fond de soi connaît bien la couleur qui l’anime. Mais la vie est ainsi faite que la couleur d’un jour n’est pas celle du lendemain. Dans tous les cas, connaître sa couleur primaire est la première condition à votre participation.

C’est dommage pour tous ceux, comme moi, qui adorent donner leur avis même si cela ne les regarde pas. Pour pouvoir donner mon avis, je veux bien changer de couleur car dans le fond, cette élection nous regarde non ?

Votre âge

La deuxième question est relative votre âge. Ici, c’est beaucoup plus simple. Si vous avez 50 ans ou plus, vous allez voter. Entre 30 et 50 ans, vous avez sûrement mieux à faire que d’aller voter. Il vaut mieux sortir avec ses enfants, aller aux champignons, faire du sport.

Si vous avez moins de 30 ans, c’est encore plus simple car vous ne savez même pas de quoi il s’agit. La preuve est qu’en grande majorité, vous n’allez jamais voter. Si vous saviez de quoi il s’agit, c’est-à-dire de votre avenir, je ne doute pas que vous preniez le temps de le faire. Vous préférez que d’autres dictent vos choix.

Pour les plus âgés, c’est un tel plaisir de choisir l’avenir de leurs enfants et leurs petits-enfants. Et puis, vu que les jeunes générations n’écoutent plus leurs aînés, autant ne pas les encourager à aller voter et rester entre soi. Ils auront bien le temps de prendre conscience de la réalité lorsque ceux qui auront fait les choix pour eux ne seront plus ici-bas.

Votre temps

La troisième question est relative à votre temps. Oui, vous savez peut-être que les personnes ont toute tendance à utiliser un temps plutôt qu’un autre dans leur grande majorité.

Ainsi, vous appartenez peut-être à la catégorie de ceux qui parlent au passé. Ceux sont en général les conteurs, ceux qui racontent des histoires, ceux qui sont tournés vers le passé, les nostalgiques. C’est une catégorie en particulier fort représentée chez les seniors.

Si vous parlez le plus souvent au futur, vous faites partie des idéalistes, des visionnaires, ceux qui se projettent vers ce qui ne s’est pas encore passé. Vous êtes peut-être aussi des insatisfaits qui veulent changer de vie sans nécessairement y croire.

Enfin, si vous parlez le plus souvent au présent, alors vous êtes dans l’action, dans le ressenti, dans l’immédiateté. Vous avez sans doute des difficultés pour vous projeter dans l’avenir, préférant le bonheur de l’instant à l’espérance d’un plus tard.

Trois questions pour quel bilan ?

La primaire de la droite et du centre a répondu à ces trois questions avec des électeurs bleu foncé, âgés et parlant de l’avenir avec les mots/maux du passé. La primaire de la gauche va répondre avec des électeurs au rouge défraîchie, un peu moins âgés et parlant d’un futur hypothétique.

Mais qui parlera du présent de notre pays, de ses souffrances et des nécessités de l’action. Ce sont les circonstances présentes qui nous engagent à prendre des risques pour notre avenir afin de ne pas compromettre les temps présents.

Il n’est pas certain que les primaires puissent répondre à ces nécessités. En revanche, elles peuvent sans doute réveiller la flamme ardente de l’ambition et de l’espoir qui a toujours animé notre nation et ses citoyens. C’est en tout cas tout le mal que nous pouvons souhaiter.

A très bientôt.

Chandra

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